ONZe ans après sa dernière rencontre avec Claire Zahanassian, Omar Porras reprend sa mise en scène légendaire au TKM du 22.09 au 01.11.26
Dans la petite ville de Güllen jadis prospère, tout n’est que misère et dénuement. Aucun train ne s’arrête plus dans sa gare délabrée et c’est d’allocations que vivent ses habitants. Aujourd’hui pourtant, tout le monde est en émoi : Claire Zahanassian, la veuve d’un milliardaire (un magnat des puits de pétrole), doit arriver d’un instant à l’autre et ils comptent bien lui soutirer quelques millions pour relancer les affaires.
Quarante-cinq ans plus tôt, elle avait quitté la bourgade sous leurs quolibets, après le déni de paternité d’Alfred Ill. Rafistolée de prothèses, un cercueil et une panthère noire à sa suite, l’ancienne enfant du pays revient, riche et triomphante, prête à sortir Güllen de la misère, mais à une condition : « que quelqu’un tue Alfred Ill » – l’homme qu’elle a aimé et qui l’a abandonnée. Elle vient pour s’acheter la Justice par un crime collectif qu’elle n’a plus qu’à attendre patiemment, car elle sait que la tentation de l’argent a le pouvoir insidieux de corrompre les âmes.
Cette parabole, emblématique du répertoire du Teatro Malandro, pose des questions glaçantes et particulièrement d’actualité aujourd’hui à l’heure où la voix des femmes se fait entendre pour demander réparation, mais aussi où l’impérialisme prédateur met à mal les droits humains, la démocratie, comme le droit international : peut-on en effet tout acheter ? Jusqu’où une société est-elle prête à aller pour survivre ? Est-on un citoyen libre quand on se laisse prendre par la corruption ?
