C’est une rencontre artistique et humaine comme la vie en fait parfois cadeau, mais au compte-goutte. L’évidence. Comme le choix du texte – LE texte par essence, le « livre des livres » – et de la musique – LA musique, celle du plus grand des plus grands. Ils avouent s’être « beaucoup manqués » depuis la création du « Verbe de Bach, la Musique de la Bible » fin 2017 au Musée de la Réforme à l’initiative de son directeur Gabriel de Montmollin. Omar Porras l’homme de théâtre et Cédric Pescia le musicien sont de retour avec cette nouvelle production.
L’essence demeure : la Bible d’un côté, la musique de Jean-Sébastien Bach de l’autre, auréolées d’harmoniques contemporaines, issues d’oeuvres ou de textes existants, qui de leur propre imagination, nourrie de l’écoute de l’autre. Car il s’agit bien et avant tout d’un dialogue, d’une rencontre, entre deux sensibilités soeurs, deux instincts connectés, portés par une confiance mutuelle jaillie au premier jour d’on ne sait où, et qui permet à l’un comme à l’autre de se dépasser, se transcender, se surprendre même.
Au seuil de ce nouveau chapitre créatif, Cédric Pescia comme Omar Porras avouent en effet s’être vus révélés à eux-mêmes, au gré de leur premier dialogue, des espaces insoupçonnés de leur personnalité. Le pianiste confie qu’il ne se serait laissé convaincre « par aucun autre qu’Omar » de dire et plus encore de chanter comme il l’a fait alors. À l’unisson, ce dernier lui répond qu’il n’est « rien de plus beau que de se laisser surprendre et même transformer par un frère jumeau qui accepte de se jeter avec soi dans le vide». Hâte d’en découvrir les nouveaux jaillissements.

CRÉATION
D’après William Shakespeare
Adaptation et texte français : Omar Porras et Marco Sabbatini
Conception et mise en scène : Omar Porras – Teatro Malandro
Avec cette mise en scène de La Tempête, Omar Porras choisit une interprétation où se fait entendre la voix du vent, entre actualisation et universalisme, et qui, tout en rendant hommage à l’essence du théâtre, passe par un retour à l’Amérique métisse, nourrie de la philosophie des pueblos originarios (des peuples originaires).

Mise en scène : Omar Porras
Assistanat à la mise en scène : Marie Robert
Adaptation et dramaturgie : Omar Porras et Marco Sabbatini
En l’absence de leurs père et mère partis en voyage, Octave, fils d’Argante, et Léandre, fils de Mme Géronte, se sont épris l’un de Hyacinte qu’il vient secrètement d’épouser, le second de Zerbinette, une jeune esclave égyptienne. Au retour d’Argante, Octave, inquiet de ce que sera la réaction de son père à l’annonce de son union avec Hyacinte, et à court d’argent, implore le secours de Scapin, valet de Léandre…